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Marc Morgan et les Obstacles, ce n’est pas de la triche !

Un article de Frédéric Renson paru dans le journal L’Avenir du samedi 01 octobre 2011.

Marc Morgan & les Obstacles : Beaucoup vite loin

Marc Morgan et les Obstacles, ce n’est pas de la triche !

Avec “Beaucoup vite loin”, Marc Morgan brise un silence long de dix ans. Sur la lame tranchante des Obstacles emmenés à Berlin pour l’enregistrer.

“C’est plus le premier album de Marc Morgan et les Obstacles que mon quatrième personnel. Le but n’est pas de réactiver une espèce de pseudo-carrière. Même si je sais que je ne viens pas de nulle part. Les choses se sont mises en place parce que, humainement, il y avait un contexte qui donnait l’envie.”

L’étincelle, après dix ans de “retraite” dans des projets artistiques moins exposés (habillage sonore pour la RTBF), Marc Morgan est allé la trouver au sein de l’écurie Freaksville, chère à Benjamin Schoos (Miam Monster Miam) et Jacques Duvall. Notamment comme guitariste parmi les Phantom pour escorter Lio.

13 titres enregistrés en live.

Le bientôt quinqua (49 ans) en est visiblement sorti requinqué ! “Je suis allé fouiller dans les bouts de chansons que j’ai continué à capturer dans des carnets durant ces dix années”, évoque Marc Morgan. Et même plus loin puisque trois titres ressurgissent du répertoire inachevé par Les Tricheurs au début des années 90, ce groupe éphémère qui avait connu un beau succès d’estime (Le Jour J, c’était eux).

“On ne se refait pas, j’ai une approche des chansons qui est née à l’époque des Tricheurs. J’étais d’ailleurs aussi allé rechercher “Notre mystère, nos retrouvailles” dans les maquettes inabouties de cette époque. Les chansons ont une espèce de vie très relative avant de sortir.”

Vingt ans plus tard, “À Ma Merci”, “Mauvais Esprit” et “Qu’ils Reposent En Guerre” finissent donc gravés sur l’album “Beaucoup vite loin”. Avec le concours des Obstacles (dont Jérôme Mardaga, alias Jeronimo) bâtis sur les solides liens amicaux du Hutois en terres mosanes. L’enregistrement a eu lieu en condition live à Berlin, avant d’être mixé à Bruxelles par Rudy Coclet. Et le résultat n’en est que plus tranchant : 13 titres sans lourde post-production pour miser sur l’énergique formule batterie-basse-guitares. “La forme est assez rock, mais ce n’est pas un concept délibéré. Tout simplement, à la base, la motivation de rejouer était dans une forme musicale beaucoup plus proche de ce que des musiciens font naturellement dans un local de répétition.”

Marc Morgan by Hannes Bieger

Point d’artifice, donc. Du “pur jus”. On pointera notamment Ici et maintenant et Qu’ils reposent en guerre. Avec une étonnante reprise teutonne (“The Operator”, de la Berlinoise Barbara Morgenstern) et le concours de Daniel Offermann (Hallo Kosmo, Girls in Hawai) pour sceller ce retour de bonne facture.

Marc Morgan et les Obstacles, “Beaucoup vite loin”, Freaksville Record.

Frédéric Renson.

Grey line

“Un disque comme si c’était le premier”.

Serein et fort de certaines expériences, Marc Morgan signe son retour dans les bacs. Entretien. Au fil de titres symboliques ?

Marc Morgan, au moment de revenir après dix ans de silence, a-t-on peur d’être tombé “Aux oubliettes” ?

Je m’en fous complètement. C’est même ça qui est drôle. Le désir et l’enthousiasme de jouer sont les seuls moteurs de ce projet. Le label Freaksville Records a une vision terre à terre. Ce qui nous préoccupe, ce sont des critères artistiques. On n’est pas débile, il y a un contexte économique dont il faut tenir compte. Mais si on se tenait à ce contexte-là, on ne s’embarquerait pas dans ce genre d’aventure. Que les gens se rappellent de ce que j’ai fait auparavant ? Ça peut être le cas, éventuellement. Inévitablement, ils le raccordent à ce que j’ai pu faire avant. Ce qui est assez sympathique. Mais, un gars qui a 18 ans aujourd’hui, qu’est-ce qu’il s’en fout de Marc Morgan ? Cela n’a aucun intérêt a priori… C’est ça qui est aussi excitant. C’est de faire un disque comme si c’était le premier en sachant que j’ai déjà roulé ma bosse. Mais à qui cet album va plaire ? Quelles rencontres va-t-il provoquer ? Ça rend les choses encore plus excitantes.

En survolant votre parcours, n’avez-vous pas l’impression qu’il vous a manqué “Quelque chose, mais quoi” ?

J’ai eu la chance d’avoir des titres qui ont bien tourné en radio en France. Mais, je n’en ai jamais rien pensé. Cela a été des surprises pour moi. Mes chansons peuvent trouver leur public car le profil de ma musique n’a rien de spectaculaire, ni d’excentrique. Si j’avais été un enjeu commercial violent pour un label, j’aurais été sollicité et je n’aurais probablement pas arrêté de faire de la chanson. Maintenant, je n’ai jamais demandé la permission à un label pour faire de la musique.

Complètement détaché des ambitions de l’industrie du disque, “Ici et maintenant” ?

Je vis avec un encéphalogramme plat. L’approche est complètement factuelle et pragmatique. Le disque sort, je suis content. Et je suis ravi, on va le jouer en concert.

F.R.

Grey line

“The Voice : pour Lio, j’irais”.

Parmi les rencontres qui ont motivé Marc Morgan à se lancer dans l’aventure d’un nouvel album, Lio a sa place à côté des Miam Monster Miam et Jacques Duvall. “Avec Phantom, on a fait la tournée des clubs rock en France et en Belgique, ce que Lio n’avait jamais fait auparavant, évoque le Hutois avec sa casquette de guitariste dans ce projet labellisé Freaksville Records. J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir. C’est marrant, j’avais l’impression de la connaître. Il faut savoir que ses deux premiers albums ont beaucoup compté pour moi. Comme Gérard Manset et Taxi Girl, elle m’a beaucoup donné l’envie d’écrire des chansons en français.” Et si Lio venait à demander un coup de main à Marc Morgan dans son rôle de marraine d’artiste dans la prochaine émission The Voice ? “J’irais pour elle ! Elle est furieuse, entière, authentique. Une espèce de sœur au parcours fatalement excentrique.On a le même âge. Elle me sonne ? J’y vais !”

F.R.

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